Que vaut votre expérience internationale ?

Combien pèsent les compétences dites interculturelles d’un candidat lors d’un recrutement ? Comment les expériences internationales sont-elles définies et perçues ? Quelles sont les aptitudes et compétences associées à ces expériences internationales? Sont-elles prisées sur le marché du travail actuel ? C’est à ces questions qu’une étude menée par CIMO

[i] et Demos Helsinki[ii] a tenté de répondre.

Les principaux résultats montrent que les employeurs ne semblent reconnaître qu’une très faible partie des compétences développées par les étudiants lors de leurs expériences à l’étranger. En effet, les employeurs n’attribuent pas nécessairement une grande valeur aux mobilités internationales (effectuées dans le cadre des études) ; à l’inverse, l’étude indique de façon surprenante que plus de 90 % des employeurs ont un regard positif sur les expériences à l’international. Tout se passe comme si la mobilité internationale générait exactement le type de compétences recherchées par les employeurs, mais que ces derniers avaient du mal à faire le lien entre la mobilité étudiante et les aptitudes qu’ils attendent des candidats dans un recrutement.

Il y a donc une réelle nécessité de définir plus précisément les bénéfices tirés de ces mobilités internationales, afin de les rendre plus facilement identifiables par les différents acteurs du marché du travail. L’objectif est ainsi de permettre aux employeurs de mieux évaluer les compétences acquises lors d’une mobilité internationale, mais aussi d’aider les étudiants, et plus largement la population, à prendre conscience des bienfaits d’un séjour à l’étranger.

Les bénéfices d’une mobilité étudiante

Traditionnellement, les compétences principalement associées aux expériences à l’international sont de types linguistiques et interculturels ; ces dernières sont requises pour certaines catégories d’emplois plus que pour d’autres. Mais, pour une grande majorité d’employeurs, elles font partie du quotidien dans le monde du travail. De nombreuses études indiquent de plus que les mobilités à l’international développent le savoir-faire des étudiants mais aussi leur savoir-être. Il est également largement reconnu qu’elles les rendent plus tolérants et ouverts d’esprit.

Toutefois, la liste des aptitudes acquises lors d’un séjour à l’étranger est loin d’être exhaustive et évaluée de façon adéquate. L’étude révèle en effet qu’au moins trois autres compétences devraient être mises en avant : la productivité, la résistance et la curiosité.

La prochaine étape

Pour une meilleure prise en compte des expériences à l’international des étudiants par le monde du travail, CIMO recommande des avancées à trois niveaux :

  • Les instances et institutions de l’enseignement supérieur doivent engager un dialogue plus approfondi avec les employeurs afin de mieux mettre en valeur les compétences cachées que l’étudiant acquiert lors de sa mobilité.
  • Les institutions et agences de promotion de la mobilité internationale doivent mieux définir les compétences acquises lors du séjour à l’étranger, de manière à ensuite pourvoir mieux les présenter aux employeurs et augmenter leur pertinence par rapport aux besoins du marché du travail.
  • Les étudiants ont besoin d’un meilleur accompagnement et d’outils qui les aident à identifier et à mettre en avant les compétences cachées qu’ils ont acquises à l’étranger.

 

Lire le résumé en anglais de l’étude

Lire l’étude dans son intégralité (en finnois)

[i] CIMO, Center for International Mobility, agence finlandaise pour la promotion de la coopération et de la mobilité à l’international (par l’éducation, la formation, la vie active, la culture et la jeunesse). CIMO est placé sous l’autorité du ministère de l’éducation et de la culture.

[ii] Demos Helsinki : laboratoire d’idées finlandais indépendant, www.demoshelsinki.fi

2016-11-15T09:33:25+00:00
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